Prix hebdomadaires des carburants avec taxes et marges
| Décomposition taxes et marges | Gazole
| SP95 E10 | Ethanol E85 |
| |
Prix un litre de prétrole brut*
| 0.57 | 0.57 | |
Coûts raffinage et distribution + Marges
| 0.81 | 0.55 | |
| |
Prix moyen un litre hors taxes :
| 1.38 | 1.12 | 0.61 |
| Accises (Etat + Région) | 0.61 | 0.67 | 0.12 |
TVA 20% (sur HT et Accises)
| 0.39 | 0.36 | 0.14 |
Total Taxes (Accises + TVA) :
| 1 | 1.03 | 0.26 |
Prix moyen par litre :
| 2.38 | 2.15 | 0.88 |
Total des taxes :
| 42% | 48% | 30% |
* Les capacités Françaises de raffinage de Gazole ne couvrent que 50% de la consommation nationnale, aussi on importe directement du gazole raffiné pour compenser ce déficit (et 10% de l'essence comsommée) ce qui rend le prix d'un litre de pétrole brut seulement indicatif pour estimer les coûts et marges des compagnies pétrolières, les produits raffinés étant plus chers que le prétrole brut.
Marges brutes à la hausse.
| Au 29/09/2026 | Brent /b (159L)
| Taux €/$ | Brent /L | Frais + M |
Frais + Marges Gazole
| 96.2$ | 1.1348 | 0.53€ | 0.849€/L |
Historiquement, les frais + les marges fluctuent entre 0.15€ et 0.25€ par litre.
Au-dessus de 0.30€/L, cela indique une situation anormale, comme les crises pétrolières suite aux guerres en Ukraine et maintenant en Iran.
Ces marges incluent aussi la contrainte CEE que l'Etat impose aux distributeurs, et qu'il a augmentée au 1er janvier 2026. Elle serait ainsi passée de 11 à 15 ou 17 centimes d'euros /litre (cf UFIP).
Les hausses de carburants profitent-elles à l'État ?
Quand l’État affirme que la hausse des prix des carburants ne lui rapporte rien, c’est économiquement faux. À fiscalité constante, toute augmentation du prix hors taxes entraîne mécaniquement une hausse des montants de la TVA, et donc un surplus d’encaisse pour l’État.
En France, les automobilistes consomment environ 39 millions de m³ de carburants par an (chiffres 2024). Avec une taxe moyenne de 0,96 € par litre, cela correspond à près de 37,4 milliards d’euros de contribution au budget de l’État.
Au début du mois de mars 2026, avec des taxes totales de 0,90 € par litre, cette contribution était d’environ 35,1 milliards d’euros. La différence, +0,06 €/litre, correspond uniquement à la hausse de la TVA appliquée sur le prix hors taxes, elle-même directement liée à la hausse des prix HT des carburants. En rythme annuel, ce surplus représente plusieurs milliards d’euros, avant toute mesure éventuelle de compensation que l’État pourrait mettre en place sous la pression de la crise.
Depuis le 1er janvier 2026, l’État a également augmenté la Contribution Énergie-Climat (CEE). Les distributeurs doivent financer cette contribution et la répercuter sur le prix payé par les consommateurs. Elle est passée de 11 à 15–17 centimes par litre selon l’UFIP. La CEE fonctionne comme un impôt déguisé, l'Etat jouant sur les mots, ce n'est pas une taxe dit-il, mais c'est bien une contribution forcée, qui fait directement partie des recettes de l'Etat.
Marges et coûts : un indicateur de crise
Au 31 mars 2026, les marges et frais des distributeurs sur le gazole atteignent environ 0,627 €/L, contre des fluctuations historiques entre 0,15 € et 0,25 €/L. Une hausse supérieure à 0,30 €/L signale une situation anormale, typique des crises pétrolières (Ukraine, Iran). Ces marges incluent également la CEE, ce qui renforce encore l’effet de hausse sur le prix payé par le consommateur.
En résumé, la hausse des prix hors taxes, combinée à la TVA et aux contributions imposées comme la CEE, montre que l’État est mécaniquement gagnant sur ses encaissements. Même si certains volumes peuvent baisser et que des compensations peuvent être mises en place, dire que l’État ne gagne rien est économiquement incorrect.