Veuillez activer Javascript pour pouvoir acc�der correctement � france-inflation.com
Prix du gaz (Juillet 2026) : Au-delà du TTF, l'impact des choix réglementaires
France-Inflation.com
Samedi 5 septembre 2026 Saint du jourSainte RaĂŻssa 07h16

Option sans Publicité  |  Se Connecter
Nouveau look ?
FRANCE-INFLATION.COM · ÉNERGIE

Prix du gaz : au-delà du TTF, les rouages structurels d'une hausse supérieure aux attentes

En juillet 2026, le Prix Repère de Vente de Gaz (PRVG) publié par la CRE a enregistré une hausse moyenne de 7,4% TTC. Au-delà de la volatilité du cours TTF, les choix réglementaires jouent un rôle structurant.

Analyse juillet 2026 : au-delĂ  du TTF

En juillet 2026, le Prix Repère de Vente de Gaz (PRVG) publié par la Commission de Régulation de l'Énergie (CRE) a enregistré une hausse moyenne de 7,4% TTC. Si les explications courantes attribuent principalement cette augmentation à la volatilité du cours de bourse européen (l'indice de référence Title Transfer Facility - TTF) dans le contexte géopolitique du Moyen-Orient, les analystes du marché relèvent une réalité plus structurelle.

En pratique, la hausse constatée en juillet a dépassé la simple corrélation mécanique historique avec l'indice TTF à court terme (M-2). Pour comprendre cet écart, il convient d'analyser comment les choix de modélisation tarifaire traduisent, par des leviers techniques indirects, l'application de la politique énergétique nationale.

🔎 1. La formule de calcul de la CRE : l'intégration réglementaire de la gestion du risque

Le Prix Repère n'est pas le reflet direct du prix du gaz acheté au jour le jour sur le marché spot. Selon la méthodologie officielle de la CRE, la brique « coût d'approvisionnement » est calculée selon une formule combinant :

  • 80% de l'indice Month-Ahead (MA2) (prix du gaz pour livraison le mois suivant)
  • 20% de l'indice Quarter-Ahead (QA) (produit Ă  terme trimestriel)

Le mécanisme technique : Au printemps, alors que les prix spots restaient relativement stables, les contrats à terme pour l'hiver (Forward Curve) ont intégré une forte prime de risque liée aux incertitudes géopolitiques globales. En appliquant cette formule hybride, la CRE a calculé une référence de coût d'approvisionnement théorique de 46,74 €/MWh pour juillet. Ce choix méthodologique — qui vise à sécuriser le système face à la volatilité future — crée une déconnexion mathématique par rapport à la courbe spot immédiate.

📉 2. Le paradoxe de l'ATRD7 : l'amortissement d'une infrastructure en transition

Le 1er juillet 2026 a marqué l'application de la revalorisation annuelle de la grille tarifaire ATRD7 (Accès des Tiers aux Réseaux de Distribution), validée par la CRE pour le réseau géré par GRDF (hausse moyenne de 5,87% de ce tarif d'acheminement).

L'explication structurelle : Ce levier technique répond à une équation économique précise. Dans le cadre des objectifs de transition de l'État, le nombre de consommateurs de gaz baisse régulièrement. Les infrastructures physiques devant être maintenues à coût constant pour garantir la sécurité du réseau, les coûts fixes de maintenance sont amortis sur un volume de consommation global plus faible. La réévaluation de la part « réseau » est donc la traduction comptable directe d'un parc de consommateurs en phase de contraction.


đź—’ Conclusion : l'application technique d'une trajectoire publique

En fin de compte, la hausse de juillet 2026 illustre la manière dont le tarif intègre les objectifs de la politique énergétique nationale, de manière indirecte mais structurante.

Sur le plan des mécanismes publics, cette trajectoire repose sur deux piliers :

  • La concrĂ©tisation du « signal prix » : le cadre tarifaire national, en intĂ©grant de lourdes primes de couverture future et des tarifs rĂ©seau réévaluĂ©s, valide la feuille de route de la transition Ă©cologique. Maintenir le prix de l'Ă©nergie fossile Ă  un niveau intĂ©grant ses externalitĂ©s constitue un levier incitatif lĂ©gitime, conçu pour accompagner le basculement progressif des mĂ©nages vers des vecteurs dĂ©carbonĂ©s, notamment l'Ă©lectricitĂ©.
  • La gestion technique des infrastructures : plus les orientations publiques incitent Ă  quitter le gaz, plus les coĂ»ts fixes du rĂ©seau physique doivent ĂŞtre supportĂ©s par les utilisateurs restants. La formule tarifaire devient ici l'instrument de gestion d'une infrastructure nationale en adaptation rapide.

La hausse de juillet 2026 ne se résume donc pas à un simple aléa des marchés de gros internationaux. Elle met en lumière l'efficacité des outils réglementaires : en modifiant les règles de calcul et d'amortissement, les décisions publiques permettent d'aligner le coût de l'énergie sur la trajectoire stratégique décidée par l'État.

Évolution du prix de gros du gaz TTF Europe

Le prix du gaz impacte directement le prix de l'électricité produite à partir de centrales thermiques ou importée depuis l'Europe, il est donc important de suivre son évolution.

Depuis :

Dernier cours du Gaz TTF : 73.217 € / MWh (2026-09-03).

Moyenne mensuelle prix de gros du gaz TTF

AnnéeJanvFevrMarsAvrilMaiJuinJuilAoutSeptOctoNoveDece
202011.199.088.396.664.945.315.338.2611.4414.1813.9416.42
202120.4417.4217.5620.3925.0229.1736.0244.7166.8491.3382.57114.99
202285.2481.87131.27101.5294.38107.7172.42235.96201.48135.48119.34116.17
202363.6852.7943.6342.7731.3231.8929.5334.3236.6646.6745.5735.65
202430.0525.7526.7329.1231.5734.3832.1837.6336.3940.0843.9745
202548.2451.1541.8635.313536.4933.3532.2831.9832.0530.5427.72
202634.0833.0152.3645.7947.2144.8653.3161.5971.62

Prix du Gaz TTF à 73.2 €/MWh, toujours impacté par la guerre en Iran

La guerre en Iran dure depuis le 28 février.
Les accords de négociation le 18 juin 2026 à Versailles n'ont pas été suivis d'effet, la guerre perdure avec des périodes de regain d'intensité, le détroit d'Ormuz n'est toujours pas ouvert.
L'extension de la guerre en Ukraine avec des bombardements de raffineries en Russie déstabilise un peu plus le marché des produits pétroliers.
Sur fond de ces deux guerres, le prix du gaz est globalement haussier.

En 2020, avec la baisse de la demande suite aux confinements Covid, il était descendu à 10 euros en moyenne.

C'est en 2021 qu'il a commencé son envolée avec un pic à 180 euros en décembre, et une moyenne annuelle à 48 euros, sous tensions de la reprise économique augmentant les besoins en énergie.

Il a battu tous ses records en 2022, avec une pointe à 340 euros, et une moyenne annuelle à 133 euros, suite à la crise énergétique engendrée par la guerre de la Russie contre l'Ukraine, et la faible disponibilité des centrales nucléaires en France.

Le prix du TTF néerlandais a fortement baissé par rapport à son pic historique de fin août à 340 euros.
Il reste cependant bien supérieur à son cours de 2019 où il était à 15 euros en moyenne.

Prix du gaz domestique plus que doublé depuis 2021
Depuis :

Prix du gaz TTF : après début 2013, avant prix moyen tel qu'acheté par la France

Depuis janvier 2015 Ă  aujourd'hui, l'inflation globale est de 2.7%.
Sur la même période, pour les ménages français, le prix du gaz a augmenté de 16%.
Le prix du gaz sur le marché de gros est parti en forte augmentation dès début 2021, soit plus d'un an avant la guerre Russie contre Ukraine.
Les prix sur ces marchés ont culminé à des sommets le 26 août 2022, à 340€ le MWh.
Pour les particuliers, les prix du gaz ont suivi ces prix marchés, avec un temps de retard.
Le plus haut a ainsi été atteint en janvier 2023.
Depuis, les prix ont baissé, mais restent nettement supérieurs à avant crise.
Nous achetions alors du gaz à 20€/MWh, actuellement il est encore à 50€/MWh.
Des tensions sur les marchés mondiaux font que ces prix ne devraient pas vraiment baisser en 2025.

Prix de l'électricité et prix du gaz
Prix électricité et gaz pour la France

Les tensions d'approvisionnement ont commencé en 2021, avec des marchés mondiaux qui avaient du mal à soutenir la croissance économique post-crise Covid-19.
Ceci a été amplifié par la crise énergétique générée par le conflit Russie-Ukraine.
La production russe de pétrole et de gaz est devenue un moyen de pression entre États, avec des baisses de volumes, et des ventes plutôt à des pays politiquement proches dits « amis ».
Ceci fait s'envoler le prix du gaz en particulier, mais aussi du charbon, du pétrole, augmentant les coûts de production des centrales thermiques en France et en Europe.
Le coût de l'électricité thermique produite en France augmente donc, tout comme celle échangée sur le marché de gros.

Avant 2021, l'électricité se négociait à des prix autour des 50€/MWh.
Nous sommes actuellement à des cours de 350€/MWh, après avoir eu brièvement des pointes à 1000€/MWh en août 2022.

Avec les tensions d'alimentation en électricité que nous allons avoir cet hiver en France, on peut s'attendre à ce que l'on bataille pour trouver de l'électricité sur le marché de gros européen, et donc que les prix montent encore à des niveaux inconcevables avant les crises Covid et guerre.

Réserves de gaz pour passer l'hiver en Europe
Prévision inflation en France dans les produits énergétiques

Prix du gaz sous tension avec des réserves basses

Depuis 2020, le prix du gaz a connu une augmentation spectaculaire, il a plus que doublé.
Le gaz russe, peu cher, alimentait toute l'Europe, l'industrie allemande en particulier en dépendait fortement.
Les chaînes d'approvisionnement en gaz sont aujourd'hui complètement bouleversées, suite à la guerre de la Russie contre l'Ukraine.
C'est maintenant l'Asie qui s'approvisionne significativement en Russie, et l'Europe s'approvisionne aux USA pour une part toujours croissante.
Cette instabilité a propulsé les prix du gaz à des sommets, et même maintenant, après crise, il reste bien plus cher qu'en 2020.
Après sa baisse à 23€ en février 2024, il remonte régulièrement et atteint les 55€ le MWh en février 2025 (+150%). Prix du gaz marché de gros

Et nos réserves de gaz, sur toute l'Europe, ont fortement baissé suite à un hiver moins doux qu'à l'ordinaire, mais aussi l'arrêt du gazoduc ukrainien au 1/01/2025 qui a fait puiser dans ces réserves.
À début février, nous sommes descendus à un niveau de 50%, alors que les deux années précédentes nous étions à 70%, et nous devrions terminer le mois de mars à 30% au lieu de 55%.
Tous les pays européens vont donc massivement acheter plus de gaz pour remonter ces réserves à 100% avant l'hiver 2025-2026, en partant d'un niveau de 30% au lieu de 55%, et ce entre avril et novembre 2025.

C'est déjà ce qui s'était produit pour la préparation de l'hiver 2022-2023, où l'on partait de 30% alors qu'il fallait remonter à 100% d'urgence, car nous étions en plein dans la crise énergétique.
C'est ce qui a contribué à l'envolée du prix du gaz, et celui de l'électricité aussi par contrecoup.

Nous ne sommes plus en période d'une telle crise, mais le prix actuel du gaz anticipe déjà ces tensions et risque d'augmenter un peu plus encore, avec une offre encore limitée et cette demande accrue.
Les capacités de production aux USA étant en pleine croissance, ces tensions devraient diminuer sur 2026.

Mise Ă  jour du 10/02/2025

Commentaires

Commentaires des précédents visiteurs :


Haut de page

Vous pouvez poster ici votre propre commentaire au sujet de cette page.

*Nom:
e-mail:
(Nécessaire pour avoir une réponse, ne sera pas diffusé)
*Commentaire:
Afin que la publication des commentaires reste libre, veillez à rester respectueux des autres.
Cet espace est modéré, les liens vers d'autres sites ne sont plus admis.
Captcha
saisir le code