
Depuis 1953, le prix moyen d'une voiture neuve a Ă©tĂ© multipliĂ© par 41, contre 17 pour l'inflation gĂ©nĂ©rale â soit une hausse deux fois plus rapide. Poids, motorisations, SUV, correction qualitĂ© Insee : comment expliquer cet Ă©cart, chiffres et graphiques Ă l'appui.
đïž Voir directement le dĂ©tail des 10 modĂšles les plus vendus en 1953

LâĂ©volution du prix des voitures neuves ne peut pas se lire uniquement en euros. Un indicateur plus rĂ©vĂ©lateur est celui de lâeffort nĂ©cessaire pour acquĂ©rir une voiture moyenne, exprimĂ© en nombre de mois de SMIC net.
Cette approche rĂ©vĂšle que lâeffort nĂ©cessaire pour acheter une voiture neuve nâa pas Ă©tĂ© constant au fil du temps : trĂšs Ă©levĂ© dans les annĂ©es 1950, il diminue progressivement jusquâaux annĂ©es 1980-1990 avant de repartir Ă la hausse jusquâĂ aujourdâhui.
Dans les annĂ©es 1950, la voiture est encore un bien rare : plus de 30 mois de SMIC sont nĂ©cessaires. La baisse qui suit sâexplique par la diffusion industrielle du produit, les gains de productivitĂ© et la montĂ©e en puissance de la production de masse.
Le point bas atteint autour des annĂ©es 1980 ne rĂ©sulte pas dâun facteur unique. Il correspond plutĂŽt Ă un Ă©quilibre temporaire entre des forces constantes : amĂ©lioration industrielle, concurrence, et progression des revenus.
Ă partir des annĂ©es 1990, la dynamique sâinverse progressivement. Il ne sâagit pas dâune disparition des contraintes, mais dâun changement de leur poids relatif. SĂ©curitĂ©, normes environnementales (Euro 0 Ă Euro 6), Ă©quipements obligatoires et complexitĂ© technologique deviennent des composantes structurelles du coĂ»t automobile.
Ces contraintes sâaccumulent dans le temps et modifient le plancher de prix incompressible, malgrĂ© les gains de productivitĂ©.
Aujourdâhui, il faut environ 25 Ă 26 mois de SMIC net pour acheter une voiture neuve, un niveau proche de celui des annĂ©es 1960, loin du minimum observĂ© dans les annĂ©es 1980â1990.
La tendance de long terme observĂ©e depuis le milieu des annĂ©es 1980 Ă©tant globalement orientĂ©e Ă la hausse, lâeffort nĂ©cessaire pourrait continuer Ă augmenter Ă moyen terme.
La dĂ©mocratisation de la voiture dĂ©bute dans les annĂ©es 1950, avec lâessor de lâindustrie automobile, qui permet une production de masse et une baisse des prix. Les ventes de voitures progressent ensuite rĂ©guliĂšrement jusquâen 1990, annĂ©e record avec plus de 2,3 millions dâimmatriculations.
Elles stagnent ensuite, avec des hauts et des bas, jusquâen 2019, proche du record avec 2,26 millions dâimmatriculations.
Mais depuis 2020, la tendance sâest nettement inversĂ©e. LâannĂ©e 2022 a mĂȘme Ă©tĂ© lâune des plus faibles, avec seulement 1,6 million dâimmatriculations.
Cette baisse coĂŻncide avec lâaccĂ©lĂ©ration du recul du diesel et le dĂ©but de la diffusion significative des voitures Ă©lectriques.
On peut supposer que les fortes incitations et pĂ©nalisations de lâĂtat (bonus/malus) pour accĂ©lĂ©rer la transition vers lâĂ©lectrique dĂ©stabilisent une partie des acheteurs.
Le prix des voitures Ă©lectriques reste plus Ă©levĂ© que celui des voitures thermiques, ce qui rend lâaccĂšs Ă lâautomobile plus coĂ»teux.
Pour rĂ©pondre aux inquiĂ©tudes liĂ©es Ă lâautonomie, les constructeurs ont Ă©galement multipliĂ© les versions hybrides. Celles-ci rĂ©duisent cette contrainte, mais Ă un prix encore plus Ă©levĂ© quâune voiture Ă©lectrique pure.
Depuis 2020, les Français conservent aussi leurs voitures plus longtemps, en particulier les propriĂ©taires de vĂ©hicules diesel, dont lâĂąge moyen est passĂ© de 10,5 Ă 13,5 annĂ©es. On peut penser que cette situation reste transitoire et que le remplacement des vĂ©hicules les plus anciens finira par avoir lieu.
La question est dĂ©sormais de savoir quelle motorisation sera choisie par ces automobilistes qui repoussent aujourdâhui leur achat.
Actuellement, ce sont les hybrides non rechargeables qui se vendent le mieux, devant les voitures électriques.
DâaprĂšs les Statistiques de France, 388 594 voitures ont Ă©tĂ© livrĂ©es en mĂ©tropole en 1953. Les 10 principaux modĂšles reprĂ©sentent 285 084 vĂ©hicules, soit 73 % du total.
En affectant Ă chaque modĂšle son prix officiel de 1953, le prix moyen pondĂ©rĂ© ressort Ă 914 âŹ.
Ce rĂ©sultat est assez proche des 881 ⏠calculĂ©s Ă lâĂ©poque par lâArgus Ă partir de lâensemble des modĂšles vendus.
Le prix Argus de 1953 semble donc tout Ă fait vraisemblable. Câest lui qui est repris dans tous les graphiques de cette page.
| Marque | ModÚle | Ventes | Prix ⏠|
|---|---|---|---|
| Renault | 4CV | 74 275 | 750 |
| Peugeot | 203 A,L | 51 063 | 900 |
| Citroen | 11CV | 50 227 | 1 000 |
| Simca | 9 | 38 700 | 1 052 |
| Citroen | 2CV | 29 546 | 521 |
| Renault | Frégate | 18 940 | 1 196 |
| Ford | Vedette | 14 601 | 1 425 |
| Panhard | Dyna | 4 816 | 1 006 |
| Citroen | 15 six | 2 119 | 1 326 |
| Simca | Sport | 797 | 1 979 |
| Total | 285 084 | 914 ⏠| |
