Capacités d'Electricité Nucléaire, Eolienne et Solaire
Capacité du Nucléaire : 63 GW
Le parc nucléaire Français a été constitué à un rythme remarquable, que l'on ne saurait égaler aujourd'hui et de loin.
Tout ceci grâce à des dirigeants visionnaires et courageux, qui ont donné à la France un avantage précieux.
54 réacteurs ont été mis en service entre 1978 et 1994, soit une moyenne de 3.2 par an pendant 17 ans.
4 réacteurs, ceux de Chooz et Civeaux, ont été mis en service entre 2000 et 2002.
Le dernier, le Flamanville n°3, a été mis en service en 2025.
Entre temps, suivant une décision gouvernementale pour le moins questionnable, les deux plus anciens réacteurs, ceux de Fessenheim, ont été arrêtés.
En 2025, nous avons donc en fonction 57 réacteurs, avec une capacité de près de 63 GW.
Le record annuel de production du parc nucléaire date de 2005 avec une production de 430 TWh soit une puissance moyenne sur l'année de 49.1 GW.
Cela correspond donc à un "engagement" moyen du parc de 78%.
Depuis 2016, les performances sont à la baisse, laissant penser que le parc est mal géré, avec une désaffection de l'Etat.
Se rajoute une chute spectaculaire entre sur 2020, 2021, 2022 avec un engagement qui est descendu à 51%.
En cause, des problèmes de conceptions qui ont entrainé de la corrosion sous contrainte sur des circuits de refroidissement d'urgence.
Ces problèmes ont été réglés, l'engagement moyen remonte progressivement, avec 65% en 2024.
On peut donc attendre un engagement moyen proche de 80% pour notre parc nucléaire, avec le soutien d'un l'Etat convaincu de son importance.
Or la loi du 17 août 2015 relative à la transition énergétique prévoyait de réduire à 50% la part du Nucléaire en 2025.
La Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) du 25 janvier 2019 actait l'arrêt de 14 réacteurs de 900 MW avant 2035.
Ainsi les deux premiers réacteurs de cette liste, ceux de Fessenheim, ont été mis à l'arrêt en 2020.
Puis rétropédalage après le risque de blackout de la France durant l'hiver 2021-2022, le 10 février 2022 M. Macron annonce la construction d'au moins six nouveaux réacteurs de type EPR2 d'ici à 2050.
Il semblerait qu'après tous ces errements, le gouvernement ait compris l'importance de notre parc nucléaire, à voir si cela perdure.
Le fait que les LR aient réusssi à faire classer le nucléaire comme une énergie non émettrice de CO2 au parlement Européen (ce qui est pourtant une évidence) déconstruit tout l'édifice argumentaire excluant le nucléaire des plans de sortie des énergies fossiles, énergies auxquelles il était précédemment insidieusement amalgamé, ce qui permettait aux mouvances écologistes de militer pour son arrêt.
A suivre donc.
Capacité de l'Eolien : 25 GW
Le concept de l'Eolien est séduisant, c'est un peu le retour aux moulins à vents permettant aux meuniers de moudre le blé ou à d'autres d'actionner des pompes à eau sans avoir à fournir de l'énergie.
Une fois appliqué à la génération de courant électrique, la solution est massivement mise en avant dans les plans de réduction de CO2.
C'est le cas de l'Allemagne, qui a la palme du plus gros pollueur d'Europe avec son utilisation massive du charbon, du gaz, du pétrole.
Suite à l'accident de Fukushima, elle décide d'arrêter son parc nucléaire, remet des centrales au charbon en service, et se lance dans une course effrénée aux éoliennes.
Suivant le Danemark (Vestas), l'Allemagne va alors contribuer à faire progresser l'industrie des éoliennes (Siemens, Nordex).
La puissance d'une éolienne est en constante augmentation, ses dimensions aussi.
Fin 2024, son parc éolien connecté au réseau représente presque 73 GW dont 63.6 GW d'éolien terrestre et 9.2 GW d'éolien maritime, le nombre d'éoliennes raccordées au réseau approche les 30 000.
source
En 2024, ce parc a produit 139 TWh ce qui représente une moyenne annuelle de 15.9 GW soit un engagement de 21.8%.
Loin des 80% d'un parc nucléaire donc.
C'est pourquoi il faut installer une capacité d'au moins 5 fois celle que l'on veut pouvoir utiliser, et même significativement plus, pour éviter trop de blackout en cas de pénurie de vent (2024 2 jours sans vent, en moyenne 8 jours à risque, jusqu'à 23 jours à risque en pointe)
L'Allemagne vise une capacité de l'éolien terrestre de 157 GW en 2035 + 45 GW d'éolien maritime + 309 GW de solaire soit 511 GW au total, ce qui est tout simplement énorme !!
En 2024 elle a consommé 500 TWh ce qui correspond à une puissance moyenne annuelle de 60 GW.
Mais elle commence à percevoir la problématique d'un manque de capacité pilotable pour stabiliser son réseau de distribution et recherche des solutions dans ce sens comme des centrales à l'hydrogène, des complexes de batteries et autres.
Il est utile de savoir cela car la France a un certain penchant à suivre l'exemple Allemand.
En ce qui concerne la France, l'installation d'éoliennes a commencé en 2000, avec une accélération en 2006.
En 2024 nous avions une capacité installée de près de 24.3 GW, la puissance moyenne annuelle produite a été de 5.3 GW soit un engagement de 22%.
Pour favoriser ces installations non rentables, l'Etat les subventionne en leur achetant l'électricité produite à un tarif supérieur au tarif réglementé, ces subventions sont répercutées sous forme des taxes sur l'électricité que chaque consommateur paye.
De plus, pour raccorder ces multiples parcs éoliens souvent isolés, il faut construire des lignes, des points de raccordement, ce qui fait augmenter les coûts du réseau électrique.
La production étant par nature non pilotable, il faut aussi adapter les capacités de pilotage du réseau, impactant tous les autres moyens de production.
Ceci contribue à l'augmentation du prix de l'électricité vue depuis 2003 sur les taxes, accélérant nettement à partir de 2010.
Dans le PPE 3 de mars 2025, il est indiqué un objectif de 40 à 45 GW de capacité pour l'éolien terrestre et de 18 GW pour l'éolien en mer à l'horizon 2035.
Cela ferait 60 GW soit +35 GW par rapport à fin 2025.
Se pose le problème du financement d'un tel déploiement.
Capacité du Solaire : 28 GW
Le déploiement du solaire a commencé en 2008, et fin 2025 la capacité totale installée sera de 28.4 GW.
La production de 2024 a été de 24.8 TWh ce qui correspond à une capacité moyenne annuelle de 2.8 GW.
L'engagement moyen correspondant est de 11% seulement.
La production est minimale en hiver et la nuit soit quand le besoin en énergie est le plus fort.
Le solaire ne peut donc nous aider à passer les pics de besoin en énergie.
L'etat subventionne le solaire comme l'éolien, ce qui augmente le coût de l'électricité pour tous.
Dans le PPE 3 de mars 2025, il est indiqué un objectif de 65 à 90 GW installés à l'horizon 2035.
Il faudrait donc doubler ou tripler la capacité actuelle.
Cela impose aussi de stocker un minimum l'électricité produite, ce qui demanderait énormément de batteries.
Il est fort probable que cela fasse encore augmenter le prix de l'électricité.